Sardaigne entre copines!

Du 28 juillet au 1er août 2025

Ce voyage en Sardaigne, nous l’avons réservé assez simplement.
En avril, nous avons pris nos billets au départ de Bordeaux, sans trop savoir ce qui nous attendait. Ensuite, nous avons organisé le séjour petit à petit, au fil des semaines, en fonction de nos envies, de notre rythme et de ce que nous découvrions sur l’île. Rien de figé, rien de surchargé, juste l’essentiel pour profiter.

Et on ne s’est pas trompées.




Le trio (et son équilibre fragile mais précieux)

Nous étions trois.

Il y avait VGB, la sportive toujours partante, toujours enthousiaste, toujours souriante. Celle qui dit oui à tout, qui écoute sans juger, qui trouve les mots justes et qui apporte une énergie profondément positive au groupe. Une présence rassurante et solaire, indispensable à l’équilibre du séjour.

Il y avait LTD, le petit soleil du trio. Détendue, drôle, spontanée, toujours prête à s’allonger au soleil ou à partager un spritz. Un peu retardataire, souvent rieuse, et clairement la plus chill d’entre nous.

Et puis il y avait moi. La stressée organisée. Celle qui pense aux horaires, aux réservations, aux itinéraires, mais aussi la photographe officielle, incapable de résister à l’envie de replonger pour « une dernière photo » quand les autres commencent déjà à fatiguer.

Un détail important à préciser : l’obsession pour la pistache n’était absolument pas collective. Elle concernait exclusivement les filles. De mon côté, j’ai observé cette passion grandissante avec beaucoup d’amusement.


De Rochefort à la dolce vita

Le départ s’est fait très tôt. À 6h du matin, nous quittions Rochefort, avec un premier arrêt sur une aire d’autoroute pour le petit-déjeuner, avant de reprendre la route vers Bordeaux. La voiture a été laissée au parking 4 de l’aéroport, pour un tarif très raisonnable, puis nous avons pris la navette.

Dans l’avion, LTD et moi étions assises côte à côte, tandis que VGB se trouvait sur la même rangée, un peu plus loin. Détail qui a son importance : le steward ressemblait étrangement à Pierre Niney, ce qui a clairement participé à la bonne humeur du début de voyage et à une grande écoute des règles de sécurité.

À l’approche de l’île, la vue était magnifique, avec cette mer turquoise contrastant avec une terre plus brute et aride. L’atterrissage à Alghero, en revanche, a été particulièrement brutal à cause d’un vent très fort. Une fois sur le tarmac, ce vent n’avait rien d’agréable et nous a rappelé, dès les premières minutes, que la Sardaigne pouvait aussi avoir du caractère.

La première véritable épreuve du séjour a été la location de voiture. Les cartes de débit ont été refusées, les échanges compliqués, et le sentiment très désagréable de ne pas être comprises, ni en français ni en anglais, s’est rapidement installé. Après deux heures de stress et d’attente, le service client du site de réservation a fini par nous trouver une autre agence.

Un immense merci à Francesca, sans qui nous serions probablement encore à l’aéroport. Grâce à elle, nous avons enfin récupéré une voiture et pu prendre la route, soulagées, direction notre location.

Nous avons rejoint notre location à Sorso, dans une résidence de vacances charmante. L’appartement était simple, un peu daté, avec une décoration très années 70, des matelas fatigués et une chaleur parfois difficile à supporter. Mais il était bien situé, et surtout, à seulement trois minutes de marche de la piscine et de la plage. Et ça change tout.

Après l’atterrissage mouvementé et la récupération (enfin) de la voiture, nous avons pris la route direction notre location à Sorso pour déposer nos affaires. Une fois installées, nous sommes reparties aussitôt faire des courses à Porto Torres.

Au programme : pâtes, parmigiano, guanciale, fruits… et de la pistache pour les filles, évidemment. Pour trois jours et environ cinq repas, nous en avons eu pour environ 70 euros à trois, un budget bien plus raisonnable qu’en France et qui a immédiatement participé à notre bonne humeur.

Nous avons ensuite fait un rapide tour de Porto Torres, une ville assez industrielle, sans grand charme particulier, mais intéressante à découvrir pour comprendre l’ambiance locale. Le vent, lui, ne nous a pas quittées de la journée. Il soufflait si fort que lorsque nous sommes descendues voir la plage de la résidence, nous étions en pull. Oui, en pull, un 28 juillet en Sardaigne. La mer était magnifique, mais l’atmosphère presque sauvage, indomptable.

Le bar de plage que nous avions repéré avant le départ était fermé à cause du vent. Ce petit contretemps n’a pourtant pas entamé notre enthousiasme.

Le soir, j’ai préparé des carbonara italiennes. Elles n’étaient peut-être pas parfaitement exécutées, mais elles avaient le goût du début des vacances. En rentrant dans l’appartement, l’ambiance était devenue euphorique, légère, presque enfantine. Nous riions pour rien, portées par l’excitation d’être enfin là, toutes les trois, dans un nouveau pays.

Cette première soirée n’avait rien d’extraordinaire sur le papier, et pourtant elle a posé les bases de tout le séjour : simplicité, complicité et joie d’être ensemble. Nous nous sommes couchées relativement tôt, épuisées par la journée, mais heureuses et déjà impatientes de découvrir la suite.


Sassari et Altamarea

Nous avons commencé la journée tranquillement, avec un petit-déjeuner simple à l’appartement. Le vent de la veille s’était calmé, mais la chaleur, elle, s’était bien installée. Dès la fin de matinée, le soleil tapait fort, très fort.

Nous avons pris la voiture direction Sassari. La ville nous a immédiatement surprise par son élégance. Les façades étaient imposantes, les rues larges, les églises majestueuses. Il y avait quelque chose de noble et de calme à la fois. À cause de la chaleur écrasante, la ville semblait presque vide. Nous n’avons croisé quasiment aucun touriste. Les Sardes, eux, avaient clairement choisi de rester à l’ombre.

Nous avons flâné dans les ruelles, visité des églises, marché longtemps sous le soleil. Nous sommes passées par la fontaine de Rosello, emblématique de la ville, avant de nous poser sur la place principale pour déjeuner au Caffè Vittorio Emanuele II. L’endroit était typiquement italien, avec ses grandes tables, ses serveurs efficaces et son ambiance tranquille. La chaleur ralentissait tout, y compris nous.

En milieu d’après-midi, nous avons décidé de rejoindre la plage au Altamarea, au-dessus de Sorso. Nous avons loué des transats et nous nous sommes installées face à la mer. Les filles ont commandé des cafés, j’ai opté pour un Perrier, et nous avons simplement… pris le temps.

L’eau était encore un peu chargée d’algues à cause du vent de la veille, ce qui nous a légèrement refroidies pour la baignade. Nous y sommes quand même allées, mais sans trop insister. L’essentiel était ailleurs : le soleil sur la peau, les discussions sans filtre, les rires faciles.

En fin de journée, nous sommes rentrées à l’appartement pour nous changer et repartir vers le bar de plage de la résidence, enfin ouvert. Nous avons commandé une planche de charcuterie et une planche mixte. Sur le moment, cela nous semblait raisonnable. En réalité, c’était démesuré.

VGB, déjà un peu fatiguée depuis le début du séjour, est rentrée se reposer vers 21h30. Avec LTD, nous avons décidé de prolonger la soirée. Nous avons découvert le vin rouge sicilien avec un enthousiasme certain et terminé les pieds dans le sable, à discuter de la vie et à tenter de converser avec des Italiens dans un mélange approximatif de français, d’anglais et de gestes.

C’était drôle, spontané, un peu maladroit, mais profondément vivant. Nous sommes rentrées tard, légèrement étourdies par le vin et la fatigue, mais avec le sentiment d’avoir vécu une vraie soirée de vacances.


Castelsardo

Après une nuit un peu courte, nous avons pris la route vers Castelsardo. Dès les premiers kilomètres, le paysage a changé. Le littoral nord-ouest sarde est spectaculaire. Des falaises abruptes plongent dans une mer d’un bleu profond, presque irréel. La roche sèche contraste avec l’eau turquoise et chaque virage dévoile un panorama plus impressionnant que le précédent.

Puis, au loin, Castelsardo est apparue.

Perchée sur son promontoire rocheux, dominée par son château médiéval, la ville semblait sortie d’un décor de film. Plus nous approchions, plus elle s’imposait. Il y avait quelque chose de puissant et de noble dans sa silhouette.

Une fois garées, nous avons commencé par le port, paisible et lumineux, avant de remonter vers le centre historique. Et là, j’ai officiellement endossé mon rôle de Stéphane Bern du séjour.

Castelsardo a été fondée au XIIe siècle par la famille génoise des Doria, sous le nom de Castelgenovese. La ville a ensuite changé de nom au fil des dominations, passant sous contrôle aragonais avant de devenir Castelsardo. Elle a été un point stratégique majeur en Méditerranée, protégée par son château fortifié qui domine encore la mer aujourd’hui.

Autant vous dire que pendant que nous grimpions les ruelles pavées sous 35 degrés, je leur lisais l’histoire des lieux, expliquais les influences génoises, aragonaises, sardes… avec un enthousiasme que seules mes amies peuvent supporter.

Les ruelles sont étroites, sinueuses, bordées de maisons colorées. À chaque détour, une vue plongeante sur la mer. À chaque montée, une nouvelle surprise. Le château, posé au sommet, veille sur la ville depuis des siècles. On ressent presque le poids de l’histoire dans les pierres.

C’est une ville touristique, oui, mais elle a gardé une authenticité rare. Elle n’est pas figée. Elle vit. Elle respire. Elle raconte quelque chose.

Je crois que c’est à ce moment précis que j’ai su que Castelsardo serait mon endroit préféré du voyage.

Nous avons déjeuné au restaurant Aragona, face à un panorama incroyable. Les plats étaient généreux, savoureux, typiquement italiens. Seules quelques guêpes, un peu trop confiantes, ont tenté de partager notre repas.

En quittant la ville, j’avais cette sensation étrange que l’on ressent parfois en voyage : celle d’avoir découvert un lieu qui restera longtemps dans ma mémoire.

Maintenant que la visite touristique du jour était terminée, direction au Altamarea. Quelques longues minutes dans l’eau, du soleil, des discussions… Le bonheur!

Mais la journée ne s’arrêtait pas là.

Après un rapide passage à la location pour nous changer, nous avons pris la route vers Stintino, à environ une heure de là. Il était déjà tard lorsque nous sommes arrivées, et trouver un restaurant ouvert s’est révélé plus compliqué que prévu. Après quelques hésitations, nous avons finalement poussé la porte du Bolina 55.

Et là, tout a pris une autre dimension.

La décoration était soignée, l’ambiance chaleureuse, les produits locaux et de saison. Chaque plat était parfaitement exécuté. C’était raffiné sans être prétentieux, élégant sans être figé. Je pense sincèrement que c’est l’un des meilleurs restaurants que j’ai faits de ma vie.

Après le dîner, nous avons prolongé la soirée au Relax Wine Bar. Rien d’excessif, juste le plaisir d’être ensemble, dans un endroit nouveau, à parler, rire et savourer l’instant.

Nous sommes rentrées tard, épuisées par cette journée dense, mais profondément satisfaites. Castelsardo avait été un coup de cœur. Stintino, une confirmation que la Sardaigne avait encore beaucoup à nous offrir.


Alghero et Boat Party

Nous avions prévu de nous lever tôt. Nous ne l’avons pas fait.

C’était le jour de la grasse matinée assumée. Nous avons traîné, savouré le calme, pris le temps. Si nous avions su qu’Alghero serait une aussi belle découverte, la baignade du matin et les étirements sur la plage auraient probablement été écourtés. Mais sur le moment, nous étions parfaitement bien là.

La matinée a été douce et simple. Un peu de mer, un peu de soleil, un peu de yoga. Rien d’extraordinaire, juste cette sensation agréable de ne pas être pressées.

Puis, incident.

En préparant le brunch, j’ai cassé une théière et je me suis profondément coupée quatre doigts. Le genre de moment où tout s’arrête brutalement. Heureusement, le petit couple de grands-parents du dessous est venu nous aider. Malgré la barrière de la langue, ils ont pris le temps de désinfecter et de me rassurer. Ce geste simple a instantanément apaisé l’atmosphère.

L’après-midi, nous avons pris la route vers Alghero.

Dès notre arrivée, nous avons senti une énergie particulière. Alghero n’a pas la verticalité spectaculaire de Castelsardo ni son charme médiéval perché, mais elle possède autre chose : une vitalité lumineuse.

La grande promenade le long du port était animée, rythmée par les pas des promeneurs, les conversations en terrasse, les rires qui s’échappaient des cafés. Les bateaux dansaient doucement dans la marina, la fête foraine apportait une touche presque nostalgique, et la lumière de fin de journée donnait à tout un éclat particulier.

En remontant vers le centre historique, nous avons découvert des ruelles pavées baignées de soleil, des façades ocre et pastel, des balcons en fer forgé et de petites places ombragées où le temps semblait suspendu. On y ressent les influences catalanes héritées de son passé, les siècles d’histoire inscrits dans la pierre, mais aussi une douceur méditerranéenne très présente.

Alghero n’écrase pas par sa puissance, elle séduit par son équilibre. Elle est élégante sans être intimidante, vivante sans être oppressante. Et très vite, nous avons compris que nous aurions aimé lui consacrer davantage de temps.

Nous nous sommes arrêtées chez Gelateria La Voglia Matta pour une pause glacée. Les filles ont choisi pistache, évidemment. Moi, je me suis contentée d’observer la ville autour de nous, avec ce sentiment agréable d’avoir découvert un endroit auquel je ne m’attendais pas.

Puis est arrivé le moment tant attendu : la boat party.

À bord, nous avons fait la connaissance de celui que nous avons rapidement surnommé le “Crazy Captain”. Charismatique, drôle, légèrement séducteur, parfaitement à l’aise, il a donné le ton dès les premières minutes.

Le bateau a quitté le port et nous a conduites vers un spot magnifique. L’eau était translucide. Nous avons plongé, nagé, ri. Et c’est là que je suis redevenue officiellement la photographe obsessionnelle du groupe.
“Encore une.”
“Attendez, replongez.”
“On la refait avec les poissons derrière.”

Les filles ont commencé à comprendre que je n’allais jamais me lasser. Moi, j’aurais pu continuer toute la soirée.

Le soleil descendait doucement. Le vin blanc italien circulait. La musique montait. Le vent dans les cheveux, la chaleur sur la peau, mes amies autour de moi. À cet instant précis, j’ai pensé :
« Là, on vit notre meilleure vie. »

La soirée s’est poursuivie sur le port autour de focaccias, toujours accompagnées du Crazy Captain et d’un couple de Français adorables venus de Bordeaux. Puis nous avons terminé à la fête foraine, dans des manèges à sensations, avec du Maître GIMS lancé “en honneur à la France”.

Ce mélange improbable de mer, de musique française et de nuit italienne restera l’un des souvenirs les plus joyeux du voyage.


Départ et bonne nouvelle

Cette fois, pas de grasse matinée.

Nous devions libérer la location avant 11h, alors le réveil a sonné plus tôt que les autres jours. L’ambiance était différente. Moins légère, plus silencieuse. Ce mélange étrange entre efficacité logistique et début de nostalgie.

Nous avons pris une dernière douche, terminé les valises, vidé le frigo et donné le reste de nos provisions aux voisins du rez-de-chaussée. Ce petit geste simple avait quelque chose de symbolique. La parenthèse se refermait doucement.

Avant de rejoindre l’aéroport, nous avons décidé de retourner une dernière fois à Alghero pour prendre le petit-déjeuner en ville. Le ciel était lumineux, la chaleur déjà présente, et nous savions toutes les trois que la fin approchait.

Nous nous sommes arrêtées dans une petite pâtisserie qui ne payait pas de mine. En entrant, VGB a remarqué une affiche indiquant que le chef pâtissier avait reçu le titre de meilleur pâtissier de Sardaigne, un peu comme nos Meilleurs Ouvriers de France. Autant dire que nous avons immédiatement commandé sans hésiter.

Installées en terrasse, nous avons dégusté des cornetti aux goûts variés, des pâtisseries délicates, un café parfait. C’était simple, mais absolument délicieux.

Et comme si le moment n’était pas déjà suffisamment beau, VGB et moi avons reçu l’appel d’une de nos meilleures amies, AR, qui nous annonçait une merveilleuse nouvelle. En quelques secondes, nous sommes passées du sourire aux larmes. Des larmes de joie. Des larmes incontrôlées. Nous avons pleuré comme des enfants, en plein milieu de la terrasse, sans chercher à nous retenir.

Il y avait quelque chose de fort dans cette scène : la fin d’un voyage, le début d’une nouvelle pour quelqu’un qu’on aime, et cette sensation que tout s’aligne.

Après le petit-déjeuner, nous avons posté nos cartes postales – qui mettront trois semaines à arriver en France, comme le veut la tradition – puis fait un dernier tour dans le centre historique. Quelques souvenirs achetés à la dernière minute, quelques photos mentales gravées définitivement.

À l’aéroport, le vol a été annoncé avec deux heures de retard. Sur le moment, nous avons soupiré. Mais au fond, cela nous offrait un peu plus de temps suspendu.

Dans l’avion, en regardant une dernière fois les paysages sardes s’éloigner sous nous, j’ai ressenti quelque chose de très clair : ce voyage avait rallumé quelque chose.

Cela faisait dix ans que je n’avais pas quitté le territoire français. Découvrir un nouveau pays, entendre une autre langue, comprendre un autre rythme, m’a rappelé à quel point j’aime voyager. À quel point j’ai besoin de découvrir, d’apprendre, de ressentir ailleurs.

Lorsque nous avons atterri en France, la transition a été brutale. Mais elle n’a pas duré longtemps.

Arrêt sur une aire d’autoroute, changement de vêtements sur le parking, maquillage rapide, petit repas improvisé, et direction Rochefort pour le bal des pompiers.

Retour à la réalité, oui.
Mais une réalité joyeuse.


Ce que je garde

Ce voyage n’a pas été parfait. Il y a eu du vent, du stress, des coupures, de la fatigue.

Mais il y a surtout eu des rires, des discussions profondes, des paysages sublimes, des découvertes inattendues et cette sensation rare d’être exactement là où l’on doit être.

Nous sommes toutes les trois très différentes. Vivre ensemble quelques jours n’est jamais anodin. Pourtant, cette semaine nous a rendues plus tolérantes, plus attentives, plus patientes.

Et moi, elle m’a rappelé que je ne veux plus attendre dix ans avant de partir à nouveau.

Pasta, Amore e Vino.

Et oui, je repartirais avec elles. Sans aucune hésitation.

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